Les CPGE (scientifiques) à Bordeaux


Je suis professeur de mathématiques en sup MPSI au lycée Camille Jullian à Bordeaux depuis l'année 1999-2000 et ai auparavant enseigné deux années en sup PCSI au lycée Eiffel de Bordeaux. Les classes préparatoires scientifiques de Bordeaux sont présentes dans trois lycées, à savoir les lycées Camille Jullian et Gustave Eiffel déjà cités, et enfin le lycée Michel Montaigne.


Les différentes filières de CPGE sont :
  • la sup MPSI, à dominante mathématique (10 heures de cours+2 heures de td). Voici à titre d'information l'emploi du temps de mes élèves. Les élèves choisissent à la fin de la première période (fin décembre) le choix d'une option : si (sciences de l'ingénieur) ou option informatique (qui n'est enseignée qu'à Montaigne). Les premiers peuvent prétendre à une orientation en math spé PSI, PSI*, MP ou MP*, les seconds ne peuvent rejoindre qu'une spé MP ou MP*. Cette classe est présente au lycée Camille Jullian (une division) et Michel Montaigne (trois divisions).

  • la sup PCSI, à dominante physique et chimie (dès la math sup, deux professeurs se partagent l'enseignement de la physique et de la chimie, contrairement à la sup MPSI, où un seul professeur se charge de cette matière), mais ne pas se tromper, malgré l'absence de la lettre M dans le nom de cette classe, il y a ici aussi beaucoup de mathématiques (7 heures de cours+3 heures de td). A la fin de la première période (toujours fin décembre), les élèves choisissent entre l'option s.i. ou l'option chimie, les premiers pouvant prétendre rejoindre une spé PSI ou PSI*, les seconds une spé PC ou PC*. Cette classe est présente dans les trois lycées bordelais, mais la sup PCSI du lycée Eiffel est plutôt destinée à former de futurs élèves de spé PSI ou PSI*, tandis que la sup PCSI du lycée C. Jullian forme majoritairement des futurs élèves de spé PC ou PC* (des échanges peuvent se produire entre ces deux lycées, en pratique à la fin de la première période de sup, où les élèves ayant choisi l'option si rejoignent le lycée Eiffel, et les élèves ayant choisi l'option chimie rejoignent le lycée Camille Jullian.)

  • la sup PCSI-SI est beaucoup plus rare, car ne s'adresse qu'aux élèves de terminale ayant effectué une terminale S option Sciences industrielles (d'où le rajout SI dans le nom de cette classe !). Elle remplace la sup MT (qui était associée à une spé du même nom ainsi qu'à un concours spécifique, qui disposait d'un rapport nombre de places/nombre d'élèves très avantageux). Il n'y a plus de concours spécique pour cette filière, si bien que cette classe forme désormais de futurs élèves de spé PSI ou, comme c'est le plus souvent le cas, de PSI*. Le programme dispensé est celui de la sup PCSI, mais option si, sachant que les élèves ne peuvent faire le choix de l'option chimie. Un seul professeur dispense les cours de physique et de chimie (horaire équivalent à celui d'une pcsi), tandis que l'horaire en mathématiques se révèle en fait plus proche d'une MPSI que d'une PCSI ce qui est, de toute évidence, un avantage...

  • la sup PTSI, tout en disposant d'un tronc commun d'enseignement général comparable (en termes d'horaires) aux sup déjà évoquées, (par exemple 7 heures de cours+3 heures de td en maths, comme en PCSI), dispense également un enseignement important de technologie et sciences industrielles. C'est encore aujourd'hui la filière priviligiée pour qui veut intégrer l'école des Arts et Métiers, même si cette dernière école s'ouvre de plus en plus aux autres filières, comme en particulier la PSI/PSI*. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette classe ne s'adresse pas qu'à des élèves de terminales ayant effectué l'option si, même si cela aide, dans la mesure où un module de mise à niveau, durant la première periode, est proposé aux élèves n'ayant pas effectué cette option en terminale. On trouve cette classe au lycée Eiffel (deux divisions), qui oriente les élèves en spé PT ou PT* (exceptionnellement en PSI). Cette filière est un excellent choix pour l'élève que l'abstraction rebute et qui rève cependant d'intégrer une école d'ingénieurs, mais il faut être conscient des horaires lourds de cette formation et de la nature spécifique des disciplines technologiques.

  • Les sup bio (BCPST) n'existent qu'au lycée Michel Montaigne. Je les connais trop peu pour en parler.


Les spé à Bordeaux :

Avec ou sans étoile : c'est très simple. Dans un lycée où coexistent deux spé de même dénomination, il arrive souvent que l'une d'entre elle dispose d'une étoile (PSI/PSI*, PT/PT*...) qui désigne une classe d'excellence préparant, entre autres, le concours de l'école polytechnique et celui des écoles normales supérieures. Il est légitime en effet de penser que on ne se prépare pas de la même façon aux concours communs polytechniques, ou aux écoles de la banque E3A/E4A, qu'au concours des écoles normales supérieures. Mon sentiment par rapport aux classes étoilées est que leur choix est naturel lorsque l'on souhaite intégrer l'une de ces très grandes écoles, et que bien entendu on en a les capacités. Pour ce qui concerne les concours tels que les CCP, E3A/E4A, centrale voire les Mines/Ponts, l'avantage qu'il y a à choisir une classe étoilée est beaucoup plus discutable... Les classes de mathématiques spéciales présentes à Bordeaux sont donc :

  • La spé MP ou MP* :  trois divisions à Montaigne (deux MP, une MP*) et une division MP à Camille Jullian

  • La spé PC ou PC* : une PC et une PC* à Montaigne, une PC à Camille Jullian

  • La spé PSI ou PSI* : une PSI et une PSI* à Eiffel, idem à Montaigne

  • La spé PT ou PT* : une de chaque à Eiffel

  • (et deux spé bio)


En résumé, l'élève désirant rejoindre une classe préparatoire doit avant tout s'interroger sur ses centres d'intérêt pour choisir entre les différentes filières (préférant nettement les mathématiques aux autres disciplines scientifiques, mon choix aurait été celui d'une sup MPSI, mais j'ai effectué ma prépa avant la réforme, et la distinction MPSI/PCSI n'existait pas encore, la séparation ne s'effectuant qu'au passage en spé.)
Si je devais défendre ma filière, la MPSI, vis-à-vis des autres filières, je constaterais que, alors que c'est certainement celle pour laquelle les exigences en termes d'abstraction mathématique sont les plus grandes, c'est aussi celle pour laquelle l'emploi du temps, particulièrement les premiers mois, est le plus léger, ce qui adoucit d'autant l'arrivée en CPGE. La première période en PCSI, que je connais bien pour y avoir enseigné est, à cet titre, beaucoup plus délicate, du fait de la présence d'un enseignant supplémentaire (ce qui signifie nécessairement des exigences accrues...) et d'un programme de mathématiques qui n'est à en lire les programmes (voir sur http://www.prepas.org) que peu allégé par rapport à celui de la MPSI, alors que l'on dispose de beaucoup moins d'heures pour le traiter.
Pour ce qui concerne le choix d'un lycée pour effectuer l'une de ces filières, quelques conseils :
Regarder avant tout s'il existe à proximité une prépa qui correspond à votre souhait, c'est-à-dire qui propose la sup qui vous intéresse, et qui offre les possibilités d'orientation que vous désirez. J'avais pour ma part choisi la prépa du lycée où j'avais effectué ma terminale (lycée Pothier à Orléans), plutôt que d'opter pour un grand lycée parisien, et je n'ai jamais eu l'occasion de regretter mon choix. La possibilité de conserver un environnement familial stable, et de limiter les temps de transports, ont été des facteurs déterminants au moment des concours. N'oubliez jamais que c'est l'élève qui passe le concours, et pas la prépa, et mieux vaut ne pas se laisser intimider pas des statistiques mirobolantes de telle ou telle prépa.
La sup MPSI du lycée Camille Jullian peut orienter les élèves vers toutes les spé envisageables (MP, MP*, PSI ou PSI*). Seule est présente néanmoins au lycée Camille Jullian la spé MP, c'est pourquoi, si l'élève de sup fait le choix d'une PSI, PSI* ou MP* et que le conseil de classe autorise ce passage, il continuera sa scolarité soit au lycée Eiffel (PSI ou PSI*), soit au lycée Montaigne (PSI, PSI* ou MP). L'expérience prouve qu'ils réussissent alors très bien... Seul petit bémol, l'option informatique n'est pas enseignée au lycée Camille Jullian, et l'élève qui souhaite absolument prendre cette option devra donc choisir le lycée Montaigne.
La sup PCSI du lycée Camille Jullian oriente majoritairement ses élèves vers une spé PC ou PC* (le choix PC/PSI a lieu fin décembre et peut mener à un changement de lycée avec le lycée Eiffel) mais seule la spé PC existe au lycée Camille Jullian donc l'élève admis en PC* rejoindra nécessairement le lycée Montaigne. La sup PCSI du lycée G. Eiffel oriente quant à elle majoritairement ses élèves vers la spé PSI ou PSI* (même remarque que pour Camille Jullian). Bien sûr à Montaigne, toutes les orientations sont possibles.
Pour défendre plus particulièrement le choix du lycée de Camille Jullian (et de sa MPSI !), signalons que le lycée Camille Jullian dispose d'espaces verts bien agréables, d'une excellente cantine (ça compte !) et enfin que chaque division de sup ou de spé dispose de sa propre salle, qui est toujours disponible pour les élèves pour travailler lorsqu'ils ont un trou (avant une colle par exemple, ou entre midi et deux heures...).

Le lycée Camille Jullian dispose depuis peu d'un internat pour les élèves de classes préparatoires.

Je signale enfin un site créé pour les élèves et anciens élèves des classes MPSI et MP du lycée Camille Jullian, accessible à l'adresse http://www.mpkju.fr.